Cinéma  ------------------------------------   Gad Abitan

 

 

                                              

                                                European Film Awards et les "César"

 

 

                                              

 

Pour la première fois à Paris, l’Académie du Cinéma Européen (27 pays, 1000 membres) a décerné ses prix le 2 décembre 2000 lors d’une soirée de gala au Théâtre National de Chaillot, en présence du Premier ministre Lionel Jospin et de mesdames Viviane Reding, Commissaire européen en charge de la culture et Catherine Tasca, Ministre française de la culture.

 

Seule originalité des “European Awards”: Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, qui n’étaient pas sélectionnés à Cannes 2000, ont été consacrés meilleurs scénaristes pour Le goût des autres. Un prix bien mérité qui allait s’avérer un avant-goût du triomphe annoncé à la 26 ème cérémonie des César 2001. Ce premier film d’Agnès Jaoui a obtenu , en effet, le César du Meilleur Film de l’année, le prix le plus apprécié des cinéastes français après l’Oscar du meilleur film étranger à Hollywood où la France  a été justement représentée par Le goût des autres.

 

 

 

                                              


     

 

 

        Sur les écrans ...

 

 

 

                                              

Autopsie d'un mensonge

(le négationnisme)

 

Documentaire réalisé par Jacques Tarnero et Bernard Cohn avec des images d’archives et des témoignages de Claude Lanzman, Alain Finkielkraut et Tahar Ben Jelloun, entre autres, sur la réapparition de l’antisémitisme en France et l’urgence du combat pour la mémoire de la Shoah au moment où “la confusion des esprits est si grande”.

 

La Vérité si je mens II !

 

de Thomas Gilou

 

La suite de la saga “vérité” répond au même canevas de départ et les mêmes blagues efficaces, l’intelligence et la bonne humeur sont au rendez-vous. Les  Juifs du Sentier passés au crible d’une énorme satyre.

 

 

 

 

 

 

            Les fantômes de Louba

 

                de Martine Dugowson avec Elsa Zylberstein

Zone de Texte: Elsa ZYLBERSTEIN
 


Dès que Charles Trenet entame sa “Douce France” au début du film, on est dans le vif du sujet: Vichy avec des images d’archives (lois anti-juives, exposition sur “ la France juive”, lieux interdits ...) qui continuent de hanter l’esprit de Louba, le personnage à l’identité perturbée par la persécution dont ses parents ont été les victimes. Une œuvre exigeante.

 

   

                                        

 

 

 

 

 

 

                                              

 

 

 

 

Origine Contrôlée

 

de Zakia et Ahmed Bouchaala

 

Ronit Elkabetz, authentique star du cinéma et du théâtre israéliens, depuis quatre ans en France, joue sa carte maîtresse cette année aussi bien au théâtre qu’au cinéma français dans Origine contrôlée de Zakia et Ahmed Bouchaala dont elle est un des atouts majeurs. Le film est un grand succès à l’étranger.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Stalingrad, Ennemy at the Gate

Zone de Texte:   Rachel WEISZ et Joseph FIENNES

de  Jean-Jacques Annaud Rachel Weisz et Joseph Fiennes

 

 

J-J Annaud réussit une impressionnante reconstitution de la bataille  de Stalingrad. Un certain malaise subsiste dans son traitement “égalitaire” des deux idéologies mises en cause et il semble vouloir “se racheter” en valorisant deux beaux personnages : une femme combattante, Tania (Rachel Weisz) et un courageux commissaire du peuple (Joseph Fiennes), tous les deux d’origine juive, qui vont sacrifier leur vies, l’une pour venger ses parents assassinés et l’autre pour sauvegarder le moral de ses soldats.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Requiem for a dream

 

de Daren Aronofski

 

 

Zone de Texte:  Sarah Goldfarb (formidable Ellen Burstyn) vit seule et n’a que la télé pour lui tenir compagnie tandis que   son unique fils, Harry fait usage de drogues avant de se désintoxiquer lui-même. Avec des images chocs et un montage frénétique, il réussit à traduire “de l’intérieur” toutes les visions de l’horreur vécues non seulement par les jeunes toxicos à la recherche de paradis artificiels mais aussi par cette mère juive abusive.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   FESTIVALS :

 

 

v       51 ème Festival de Berlin

 

                Prix Teddy du Meilleur documentaire pour le film israélo-américain :

                Trembling Before G-d (Tremblant devant D-ieu)

 

                Un prix décerné tous les ans à un des films présentés à la Berlinale, toutes sélections confondues, traitant des homosexuels et des lesbiennes. “Tremnling… ” décrit la vie de Juifs orthodoxes pris entre leur monde religieux et leurs tendances sexuelles.

 

I’am Josh Polonski’s Brother

de Raphaël Nadjari

 

Pour son deuxième film, R. Nadjari, talentueux réalisateur de The Shade (1999) d’après Dostoïevski, s’inspire d’une idée de scénario original sur trois frères, Abe, Ben et Josh qui tiennent un commerce de issus à Brooklyn et vivent dans la normalité avec leur Yiddishé mama …jusqu’au jour où un des frères est subitement abattu devant son cadet. Un peu naïf, Abe essaye de comprendre et décide de mener son enquête qui le mènera dans les bas-fonds de New York;  ce film cauchemar est une des révélations du Festival..(sortie en juin 2001)

Love Inventory (Réshimatahava)

du documentariste Israélien David Fisher

 

Un drame familial au sujet de la disparition d’une petite sœur, perdue alors qu’elle était encore  bébé. Le film décrit les recherches incessantes pour retrouver ses traces. Un témoignage poignant qui ne manque pas d’humour.. Lors du festival, Love Inventory vient d’être diffusé par ARTE .

 

 

v          23ème Festival international de films ethnographiques et sociologiques

            Cinéma du Réel du 9 au 18 mars 2001

 

                Tous les ans la thématique juive est présente parmi les films sélectionnés. Justement, cette année le film d’ouverture est yiddish puisqu’il s’agit de Casting, un documentaire tourné par Emanuel Finkiel durant la préparation de Voyages.

 

 

Homemad (e)

de  Ruth Beckermann.

 

Une déambulation de la mémoire dans l’ancien quartier du textile à Vienne, “en remontant” la rue Marc Aurel, son artère principale, avec son café,une grande  “scène où les personnages sont comme des acteurs du jeu social”, avec ses boutiques dont l’une est toujours occupée par un Juif rescapé de la Shoah.

Dust

de Michale Boganim

 

Triste constat de la présence de l’extrême droite. C’est à Odessa et son ancien quartier juif, que Michale Boganim est allée recueillir les souvenirs de trois vieilles femmes. Son film est coproduit par la Grande Bretagne et l’Ukraine.

 

 

               

               

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Shabbat

de Gulya Mizzoeva

 

Dans le cadre de la rétrospective sur l’Asie Centrale un titre se démarque : un film de Gulya Mirzoeva, réalisé en 1990. Shabbat relate avec une extrême sensibilité le départ douloureux vers Israël de Juifs Boukhara (Ouzbékistan) dont certaines traditions et pratiques religieuses rappellent celles des Juifs Séfarades.

 

 

Films en tournage

 

 

Après plusieurs mois de préparation, Roman Polanski a commencé ce 19 février à Berlin le tournage de son film, Le Pianiste d’après l’autobiographie du compositeur Juif Polonais Vladislav Spilman. Spilman a été enfermé avec sa famille dans le ghetto de Varsovie et a pu éviter le transport vers les camps d’extermination grâce à l’intervention d’un officier allemand mélomane. Depuis longtemps le grand cinéaste franco-polonais a voulu réaliser ce projet pour des raisons personnelles évidentes. Né à Paris en 1933, Roman Polonski a déménagé avec ses parents en Pologne à l’âge de trois ans. Avec l’occupation allemande en 1939, sa famille se retrouve au ghetto de Varsovie, sa mère est assassinée à Auschwitz

 

 

Traitant de la même période, Istvan Szabo est en train de terminer son film  Taking Sides sur l’ambiguïté des rapports entre Wilhem Furtwängler, chef d’orchestre allemand, et le régime nazi.

Emblème musical sous Hitler, ayant également tenté de sauver des Juifs, Furtwängler a été mis à l’index par les Américains au cours de la dénazification et c’est le moment charnière décrit par Istvan Szabo dans son film, une coproduction européenne.

 

 

Début avril, Eric Atlan entame huit semaines de tournage de “Pétain-Laval : Terminus Sigmaringen” tandis que Costa-Gavras prépare “Le Vicaire” d’après  Rolf Hochmuth.

 

 

Ivan Attal travaille actuellement sur la post-production de son premier long métrage intitulé Ma femme est une actrice avec, dans le rôle principal, son épouse Charlotte Gainsbourg. Tandis que Laurent Bouhnik (Zonzon) doit commencer en mai le tournage de son troisième film 24 Heures de la vie d’une femme d’après Stephan Zweig.